vendredi 16 avril 2021

Panique au Bourget

 Dans Tintin-Reporter toujours (voir mes précédents messages), je réussis à publier une BD de fiction, peu avant qu'on apprenne que la revue cessera de paraître bientôt. Voici la première planche, formée d'une grande illustration :


C'est dans le numéro 27 du 9 juin 1989, dont voici la couverture :


On comprend, d'après les "accroches" sur cette couverture, ainsi que d'après le dessin extrait d'une aventure de Tintin (L'étoile mystérieuse), que ce numéro traite plus particulièrement d'aviation. C'est en relation avec le Salon international de l'aviation et de l'espace qui se déroule sur l'aéroport du Bourget près de Paris, au mois de juin de chaque année impaire. Dans le même numéro du magazine, il y a donc ma BD, deux ou trois articles sur l'aviation, une autre BD de fiction avec un pilote comme héros (Adler, par René Sterne) titrée Muerte transit, une BD documentaire sur les avions de Médecins sans frontières, etc.

J'avais proposé à la rédaction un récit court se déroulant autour du Bourget et sur l'aéroport même. Le dessinateur est Daniel Chauvin, auteur de BD d'aviation (et ancien assistant de Joseph Gillain, alias Jijé, dans certains albums de la fameuse série d'aviation Tanguy et Laverdure, où Daniel Chauvin dessinait les avions et les lettrages dans les bulles).

Voici une autre planche, la 4, extraite de la BD intitulée Panique au Bourget :


Au cours de cette scène dramatique, un petit avion de tourisme, se posant en catastrophe sur la piste du Bourget, en plein milieu des présentations en vol du Salon, est confronté à un Antonov 124, le plus gros avion du monde à la fin des années 1980. Le monomoteur, "héros" de la BD, est un Robin DR-300 "Petit Prince" de 120 CV, immatriculé F-BTBU ; il a vraiment existé : il appartenait à une époque à l’aéroclub des Alcyons situé à Saint-Cyr-l’Ecole (dans la banlieue parisienne). Inscrit à ce club, je l’ai moi-même piloté à de nombreuses reprises ; avant de réaliser la BD, j'avais emmené Daniel Chauvin en balade aérienne à bord d'un appareil du même type pour qu'il se familiarise avec l'avion et le prenne en photo sous divers angles, et pour qu'il ait un aperçu des paysages survolés dans la région parisienne.

Voici une photo prise par moi-même du F-BTBU, sur le parking de l'aéroclub des Alcyons :


J'ai vu dans mon carnet de vol qu'en fait, mon dernier vol à bord date de 1984, ce qui fait que, en 1989, lors de la préparation de la BD Panique au Bourget, Daniel Chauvin a dû dessiner, sur mes indications, un appareil qui, exprès, ne faisait plus partie de l'aéroclub. Il ne fallait pas gêner le direction du club, vu que le pilote de l'avion, dans la BD, commet une énorme bêtise...

Voici une des photos, prises par moi-même encore, depuis un Robin en vol, que j'ai fournies à Daniel pour qu'il ait une représentation réaliste du paysage des Yvelines, en direction du Bourget (puisqu'on voit une telle scène dans la BD) :


Et voici une (rare) photo de Daniel Chauvin, posant pour moi avec un micro et des écouteurs, pour une photo qui serait utile dans le cadre d'une autre de nos BD (l'avion en second plan est un Piper Cub) :


(Daniel Chauvin est hélas décédé en 1995 à l'âge de 56 ans).

dimanche 11 avril 2021

Baudelaire, toujours...

 Il y a deux jours était commémoré le bicentenaire de Charles Baudelaire, né le 9 avril 1821. On a vu le célèbre et formidable poète un peu partout dans les médias. La série BD Missions Kimono n'avait pas attendu ce bicentenaire pour le célébrer. Dès la planche 1 du titre A.M.N., publié en 2006, un poème de Baudelaire était publié et illustré de scènes d'aviation :


Je me souviens qu'un lecteur, découvrant l'album sur le stand que je tenais dans un festival BD, m'avait dit, en lisant cette première planche : "Qu'est-ce que vous écrivez bien...". J'ai dû rétablir la vérité et lui préciser qu'il y avait méprise...

Le même album se termine par un autre poème de Baudelaire, dans l'avant-dernière planche, que voici :


Pour mémoire, voici la couverture de cet album, le tome 7 de la série (toujours disponible dans les bonnes librairies et sur mon site Internet) :


Dessins, couleurs et couverture sont bien sûr de Francis Nicole.





vendredi 9 avril 2021

On a marché sur la Lune

 Dans Tintin-Reporter toujours (voir mes précédents messages), un autre travail m'a été commandé par la rédaction : raconter en BD des histoires vraies de la conquête de la Lune. Voici la première planche, publiée dans le numéro 23 du 12 mai 1989 (dessin et couleurs dus à Loïc Derrien) :


En fait, depuis son lancement fin 1988, le magazine publiait à nouveau l'histoire de Tintin Objectif Lune et sa suite On a marché sur la Lune, à raison de deux ou trois planches par semaine, mais il s'agissait de sa version originale telle qu'elle avait paru dans le journal de Tintin dans les années 1950 (il y a en effet quelques différences par rapport à la version "albums"). La rédaction de Tintin-Reporter avait programmé que, en cette année 1989 qui était celle du vingtième anniversaire de la marche (réelle) sur la Lune par Neil Armstrong, le 20 juillet 1969, la planche de BD où Tintin marche sur la Lune serait publiée juste le jour anniversaire de l'événement.

La même rédaction m'avait  proposé de réaliser en parallèle des histoires vraies, à charge pour moi de trouver des sujets qui "collent", de semaine en semaine, aux scènes de fiction de Tintin. C'est ainsi que, lorsqu'on voit le chien Milou essayer son scaphandre spatial, j'ai écrit le scénario d'une courte BD racontant la vraie (et triste) histoire du premier chien dans l'espace, la chienne soviétique Laïka. Voici ce que cela donne dans le journal Tintin-Reporter n°23 :


À gauche : la planche de Loïc Derrien ; à droite, en vis-à-vis : le début de la scène dans Tintin où (à la planche suivante du même numéro du magazine) Milou essaie son scaphandre.

Voici par ailleurs la couverture de ce numéro 23 de Tintin-Reporter, mettant en vedette le chanteur Sting qui participait à la visite en Europe du célèbre chef indien d'Amazonie Raoni :


Cette mini-série sur les histoires vraies de la conquête de la Lune n'a pas duré longtemps car, comme je l'ai raconté dans un précédent message, le journal Tintin-Reporter connaissait des difficultés financières et a dû s'arrêter. Les responsables ont tenu quand même à maintenir la parution jusqu'au numéro qui a suivi le 20e anniversaire de la marche sur la Lune, soit le numéro du 28 juillet 1989, la marche sur la Lune de Tintin figurant comme prévu dans le numéro du 21 juillet 1989 - avec, en accompagnement, ma BD racontant cette fois la marche de Neil Armstrong, dont voici une des cinq planches (toujours dessinées par Loïc Derrien) :


Voici d'ailleurs la couverture de ce numéro de Tintin-Reporter un peu spécial :


En prévision d'éventuels autres numéros, courant août 1989, Loïc Derrien et moi avions préparé deux histoires, qui sont restées hélas inédites, et sont même restées au stade du crayonné. En voici une (je n'en ai conservé en fait qu'une simple et pauvre photocopie du crayonné original) :


C'est ainsi que s'arrêtait pour moi une belle aventure...



dimanche 4 avril 2021

L'été sera chaud

 Ce ne sont pas des oeufs de Pâques, mais des couvertures d'albums que l'on peut découvrir en ce week-end : celles des deux prochains titres à sortir chez JYB-Aventures (en septembre).

L'une est Allan Mac Bride tome 7, dont on découvre aussi le titre (dessin et couleurs de Patrick Dumas) :


Et l'autre est Missions Kimono tome 22, avec son titre également (dessin et couleurs de Francis Nicole) :




vendredi 2 avril 2021

Doc Haddock (jeu de mots...)

 Ayant commencé à travailler pour l'hebdomadaire Tintin Reporter au début du printemps 1989 (voir le précédent message sur ce blog), je continue dans le même magazine avec une autre inauguration : celle d'une nouvelle rubrique, à thème documentaire là aussi. Voici cette première, sur une double page du numéro 24 paru le 19 mai (jour de ma fête...) de la même année :


La rubrique, créée à l'initiative de la rédaction, est intitulée Doc Adhoc, avec un jeu de mots sur le nom du célèbre capitaine Haddock, puisque le contenu du journal a un rapport étroit avec l'univers de Tintin. On voit d'ailleurs la casquette du capitaine dans le logo sur fond rouge, en haut à droite du visuel ci-dessus (il faut cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Le sujet que j'avais choisi est encore une fois un fait d'actualité - c'était d'ailleurs le thème de la rubrique - : un mois auparavant, un sous-marin nucléaire soviétique avait coulé dans l'océan Arctique, mais ce sous-marin était secret et on n'en savait pas grand chose. J'en avais pourtant trouvé un "écorché", aussi un dessinateur du magazine, Alain Korkos, l'a repris en ajoutant, d'après d'autres documents issus de mes archives, des petits encadrés didactiques.

Alain Korkos était aussi le dessinateur d'une BD qui passait à la même époque dans Tintin Reporter, racontant l'épopée de la Croisière Citroën en Asie en 1931 (scénario de Stéphane Noir).

Voici aussi la couverture de ce numéro de Tintin-Reporter, avec l'accroche annonçant la nouvelle rubrique, et avec, encore, un personnage célèbre, pour rendre hommage à Hergé et pour attirer l'attention des lecteurs potentiels :



vendredi 26 mars 2021

Actualités avec Tintin

 En avril 1989 - je continue de présenter ici mes travaux dans la presse, chronologiquement -, je publie dans le nouveau journal Tintin Reporter une double page en BD racontant un fait divers récent, sous le titre judicieux L'actualité par la bande :


C'est une rubrique didactique, imaginée par la rédaction du magazine, pour raconter non pas un fait historique ancien comme le faisait autrefois la célèbre BD Les belles histoires de l'Oncle Paul, dans le concurrent Spirou, mais un fait d'actualité "chaude". Comme je venais de me faire connaître du rédacteur en chef Bruno Rabourdin, il m'a proposé d'emblée d'écrire un premier récit ; j'ai choisi un événement maritime qui venait de faire la "Une" des journaux du monde entier : l'échouage d'un supertanker américain, l'Exxon Valdez, quelque part dans une baie d'Alaska, provoquant une marée noire exceptionnelle. Voici la planche 2 de ce récit, sachant que ce genre de récits se développait sur deux planches seulement :


L'événement s'étant déroulé le 24 mars 1989, il a fallu faire très vite pour rassembler une documentation conséquente (textes et photos), écrire le scénario, dessiner les deux planches (le dessinateur contacté par la rédaction de Tintin Reporter est Laurent Hirn), les mettre en couleur, et les programmer dans le magazine, ce qui a amené une publication dans le numéro 20 du 21 avril suivant, soit moins d'un mois après. Record battu...

En outre, c'est le tout premier récit de cette nouvelle rubrique, que j'ai donc inaugurée. Cela dit, le dessinateur Laurent Hirn a fait si vite que, par précipitation, il a oublié d'inscrire une bulle (dans la 3e image de la planche 2 : au-dessus des deux pétroliers, il devait y avoir une bulle ; je pense que Laurent Hirn l'avait préparée au crayon, mais il a oublié de l'encrer...).

Le principe de cette nouvelle rubrique était aussi d'introduire le sujet par Tintin lui-même. Puisque ce célèbre héros est journaliste de profession, et puisque le magazine était celui de Tintin, il fallait régulièrement mettre en avant le personnage au fil des pages. Voici un recadrage sur cette vignette d'introduction :


Le rédacteur en chef a choisi une image de Tintin dans une attitude et une tenue plus ou moins en rapport avec le récit (l'événement se déroulant en Alaska, où il fait froid en mars, Tintin porte une tenue chaude). Tintin relatant un événement, le dessin le montre en train de lire une dépêche, et cet événement concernant un drame de la mer, le dessin est extrait d'une BD maritime. Ce fut L'étoile mystérieuse (voir la 6e image de la planche 40 de cet album). Le récitatif que j'avais préparé s'est transformé pour l'occasion en une bulle dite par Tintin.

Nous avions l'accord de la veuve d'Hergé, puisque Tintin-Reporter, successeur, fin 1988, de feu le Journal de Tintin ancienne formule, avait été repris en mains par Fanny Hergé et son homme de confiance Alain Baran, également fondateur de la société Moulinsart. Ce qui fait que, par ce concours de circonstances, j'ai été en quelque sorte un des rares auteurs de BD autorisés officiellement à mettre en scène Tintin après le décès, en 1983, d'Hergé, lequel avait interdit de son vivant qu'on fasse revivre son personnage...

Voici aussi la couverture du même numéro de Tintin-Reporter, où apparaissent d'autres célèbres personnages :


A noter que dans la foulée de cette histoire avec l'Exxon Valdez, j'en ai écrit une deuxième la semaine suivante, cette fois sur - actualité oblige, bien entendu - le bombardement de Beyrouth pendant une nouvelle guerre au Liban. Mais l'histoire n'a pas paru. En effet, encore une fois par précipitation tellement cette rubrique devait être publiée au plus tôt, la rédaction n'avait pas de dessinateur disponible au moment voulu et avait demandé à un jeune qui venait de proposer des dessins mais qui n'avait aucune expérience en BD. Son dessin n'a finalement pas convenu et il a fallu ne pas publier la BD. Voici une des deux planches réalisées :


J'avais appelé au téléphone ce jeune dessinateur (dont je n'ai pas retenu le nom) pour le rassurer car on m'avait laissé entendre qu'il était plutôt traumatisé d'avoir été "recalé" et de nous avoir empêché de remplir deux pages du magazine.

C'est cette déconvenue, et le fait qu'il y avait un trop grand décalage entre un fait divers et son exposé en BD un mois plus tard - l'actualité était alors dépassée voire oubliée -, qui m'a poussé à ne pas poursuivre l'expérience, et ce sont d'autres scénaristes, dont le rédacteur en chef lui-même, qui ont écrit les "Actualités par la bande" suivantes. Cela dit, la rubrique n'a pas duré, puisque Tintin-Reporter a connu peu après des difficultés et a fini par disparaître, fin juillet suivant.

mercredi 24 mars 2021

Quand la réalité rejoint la fiction

 Une information et une image ont fait le tour de la planète aujourd'hui : un grand porte-conteneurs s'est mis en travers du canal de Suez en Egypte et a bloqué la circulation dans la voie d'eau :


La conséquence : 10% du trafic maritime mondial est gravement gêné, au point que des navires sont obligés de se dérouter et de faire le tour de l'Afrique par le sud.

Prémonitoire : c'est ce qui se passe dans le tome 18 de la série Missions Kimono (dessins et couleurs de Francis Nicole, scénario de moi-même), publié en 2017 : un porte-conteneurs se met en travers du canal :


Sauf que dans la BD, l'accident a été provoqué par un attentat terroriste... Quelques images auparavant, on voit d'étranges promeneurs le long du canal, préparant discrètement leur coup :


Du coup, le porte-avions français Charles de Gaulle, qui (dans la BD) devait revenir en France par le canal, doit trouver une autre route vers sa base de Toulon. Comme dans la réalité.

Pour rappel, voici la couverture de cet album :


Je profite de l'occasion pour montrer une image extraite du prochain album (tome 22) :