dimanche 14 juillet 2019

Vu à la télé !

Le défilé aérien du 14 juillet 2019, en direct ce matin à la télévision, a montré le passage d'avions Rafale de l'Aéronautique navale française ; il y avait quatre appareils de la 11e Flottille, bien connue des lecteurs de la série BD Missions Kimono. Les voici alors qu'ils arrivent dans l'axe de l'avenue des Champs-Elysées, crosse d'appontage baissée comme il se doit :

Les Rafale Marine étaient prévus dans le dispositif survolant les Champs-Elysées, environ 4 minutes après l'ouverture du défilé par la Patrouille de France, selon ce schéma (ils sont à l'extrême droite dans ce plan) :

Voici des vues des mêmes, filmés cette fois en altitude :

On remarque que trois des appareils ont une dérive de couleur orange. La qualité des images ne permet pas de distinguer le détail de cette couleur. Il s'agit en fait d'une décoration "Tigre", représentant le pelage rayé du tigre, en référence au fameux Tiger Meet, la rencontre interalliée organisée au sein de l'OTAN chaque année et réunissant des unités ayant pour emblème un félin (chat, tigre, puma...).
La 11e Flottille de Landivisiau en fait partie (car elle était basée autrefois sur le porte-avions Clemenceau, qui a été baptisé du nom de l'homme politique Georges Clemenceau, surnommé "Le Tigre"...). Récemment, comme chaque année, une nouvelle décoration "Tigre" a donc été choisie, et peinte sur le côté droit de la dérive de cinq Rafale de la 11F. Mais par-dessus cette décoration, étant donné que l'année 2019 est celle du centenaire de la flottille, un sigle a été ajouté (dont on devine plus facilement un des éléments : l'hippocampe noir, symbole de la 11F). Ce sigle a été dessiné par Francis Nicole (dessinateur de la BD Missions Kimono, est-il besoin de le préciser...?), comme cela a déjà été décrit et montré sur ce blog (http://jybaventures.blogspot.com/2019/06/le-kimono-nouveau-est-arrive.html ).
Voici une photo montrant au mieux la double décoration :
Photo Fabien Defever
Et une autre montrant un alignement de quatre des cinq Rafale décorés :
Photo 11F
Ainsi, donc, lors du défilé du 14 juillet, le dessin de Francis a été vu par des millions de spectateurs et téléspectateurs... - théoriquement, car les avions sont passés trop haut et tellement vite...

A noter que, comme pour tout Tiger Meet qui se respecte, des véhicules aussi ont été peints en "tigre". Comme cette Dyane, dont une portière porte le sigle des 100 ans dû à Francis :
Photo 11F


samedi 13 juillet 2019

On n'a rien inventé...

Un lecteur assidu de la série Missions Kimono a signalé hier sur le forum Aéroplanète - il se reconnaîtra ; il a pour pseudo Deltafan - avoir repéré un lien vers le site du journal français Le Point racontant l'arrestation récente d'un mini-sous-marin trafiquant de drogue par les Garde-côtes américains.
Deltafan précise qu'il a appris l'existence de ces mini-sous-marins trafiquants en lisant... Missions Kimono tome 18 ! En effet, on y voit une explication illustrée, que voici (extrait de la planche 15 de l'album) :

Cet album, dessiné par Francis Nicole (scénario : moi-même), a été publié en 2017, et son thème principal est la lutte contre le trafic de drogue dans la mer des Antilles, avec l'intervention du porte-avions Charles de Gaulle et de toute une flotte internationale.

Le lien du Point présente une vidéo montrant l'interception en pleine mer (mais pour la voir, il faut se rendre sur le site du Point, LePoint.fr). Voici le texte complet de l'article :
"L'impressionnant assaut des gardes-côtes contre un sous-marin rempli de cocaïne
Les images sont impressionnantes et la prise tout autant. Dans une vidéo digne des meilleurs films d'action, les gardes-côtes américains ont rendu compte d'un coup de filet pas comme les autres. En bateau, dans les eaux internationales de l'océan Pacifique, ils ont poursuivi un « narco sous-marin » et arrêté les trafiquants à bord. Estimation de l'opération : 18 tonnes de cocaïne et 420 kilos de marijuana saisis, le tout pour un montant qui avoisinerait les 500 millions d'euros, rapporte CNN.
La vidéo, dévoilée par les gardes-côtes américains jeudi 11 juillet, a été tournée le 18 juin dernier. L'interpellation est musclée. Les gardes-côtes entourent le sous-marin, un semi-submersible qui navigue au niveau de la mer, quand l'un d'entre eux saute littéralement sur le dessus de l'engin avant de forcer les occupants à ouvrir la porte. Pris au piège, un homme ouvre avant d'immédiatement lever les mains en l'air. Repéré grâce à la force aérienne, le sous-marin comptait à son bord cinq hommes, qui ont été remis aux autorités antidrogue. Le vice-président Mike Pence doit se rendre sur la base des gardes-côtes pour les féliciter.
Ces sous-marins ne sont pas si courants, rapporte un officier à CNN, car ils sont difficiles à construire en dehors des radars. Les trafiquants les fabriquent donc en cachette, au milieu de la jungle. Mais une fois dans l'eau, ils sont particulièrement difficiles à détecter, notamment parce qu'ils sont aussi peints en bleu pour mieux se dissimuler en mer. Selon les informations de CNN, les gardes-côtes américains n'arrêtent que 11 % de ces sous-marins qui naviguent dans l'est du Pacifique, une zone équivalente à la taille des États-Unis."
Voici une capture d'écran de cette vidéo (lors d'un mouvement calme de la caméra, car ça bouge beaucoup...) :

Or, comme toujours, Francis Nicole et moi n'avons rien inventé. Voici quelques-uns des documents que j'avais fournis à Francis pour qu'il puisse réaliser ses dessins, et que j'avais rassemblés au fil des années - car le sujet des mini-sous-marins trafiquants de drogue, je l'avais dans mes cartons depuis très longtemps et je n'attendais qu'une occasion pour le mettre en scène dans une BD : ce fut le cas dans l'album Kimono 18.... :




mercredi 10 juillet 2019

Jean-Michel Charlier, 30 ans déjà...

Le très grand et regretté scénariste de bandes dessinées et de téléfilms, Jean-Michel Charlier, est décédé il y a exactement 30 ans, jour pour jour.
En voici un portrait, au festival de BD d'Angoulême en 1973 :
Photo : Gérard Guégan
Je rappelle qu'en ce moment, passe dans l'hebdomadaire spécialisé Le Marin une série d'articles que j'ai réalisée sur le feuilleton télé La Mer est grande, dont Jean-Michel Charlier fut le coscénariste ; le dernier article est programmé dans le numéro du 11 juillet 2019, soit 30 ans et 1 jour après la disparition du scénariste ; voici la première de la double-page hebdomadaire :
On note la référence aux 30 ans du décès du scénariste, en bas de la 3e colonne,
et je parle de JM Charlier dans un encadré sur la page de droite (non montrée ici).
A part cet article, je crois qu'hélas, les hommages au scénariste ne sont pas nombreux. Ses éditeurs semblent l'avoir oublié... Sur le Web, l'ami Afrânio Braga publie son hommage personnel, étalé de juin dernier à décembre prochain, à raison d'un chapitre par mois, sur son site (brésilien) consacré à une de ses principales séries BD, Blueberry. Est d'ailleurs mis en ligne ce matin même le deuxième chapitre :
https://blueberrybr.blogspot.com/2019/07/jean-michel-charlier-et-moi-jean-michel.html
avec un texte-témoignage exclusif de Gilles Ratier, journaliste BD, grand spécialiste de JM Charlier (sur lequel il a écrit un imposant ouvrage qui fait référence, aux éditions Le Castor Astral).
Je ne vais pas rappeler la longue et riche carrière de JM Charlier, étant donné que je l'ai déjà présentée plusieurs fois sur ce blog, par exemple ici :
http://jybaventures.blogspot.com/2014/10/il-y-90-ans-naissait-jean-michel.html
Et bien sûr dans le copieux site que je lui ai consacré : www.jmcharlier.com
Sans compter de nombreux articles que j'ai publiés ici et là, ainsi que de multiples interventions sur des forums et diverses pages Facebook. Aussi vais-je me contenter cette fois de montrer juste quelques images peu connues montrant JM Charlier, ou montrant divers travaux dont il est l'auteur ou le co-auteur.

Un documentaire sur une de ses plus célèbres séries BD, Buck Danny, mettant en scène des pilotes militaires américains, a filmé un (vrai) pilote de l'US Air force lisant un album et le commentant (la traduction en français des commentaires figure en bas des deux images) :
Ces images sont extraites de l'émission Les grands maîtres de la BD, réalisée par un proche ami de JMC, Georges Grod, pour la 1e chaîne en 1981. La BD que tient le pilote entre ses mains est dessinée par Victor Hubinon, le principal dessinateur de JM Charlier. L'album en question, Les Tigres volants à la rescousse, fait partie d'une trilogie que les fans considèrent comme l'une des meilleures histoires de la série Buck Danny dessinée par Victor Hubinon.

Jean-Michel Charlier était donc scénariste de feuilletons télévisés, comme Les Chevaliers du ciel, sa plus célèbre production télé, mais aussi, par exemple, Le fou du désert, qui raconte en quatre épisodes la vie et la mort mystérieuse de l'explorateur Conrad Kilian ; voici un extrait du générique de ce feuilleton introuvable de nos jours, y compris sur le site de l'INA :
L'acteur, héros du feuilleton, est Matthieu Carrière.
Ou Capitaine Luckner, série qui avait pour titre également : Cap sur l'aventure (ce qui résume bien le genre éternel et préféré de Jean-Michel Charlier) ; voici quelques images de ce feuilleton (dont JMC n'a en fait écrit que deux épisodes sur les 13 qui furent diffusés en France, et sur les 39 au total qui furent diffusés en Allemagne) :

Mais JMC a également réalisé, à partir de 1972, des documentaires télévisés dans le cadre de sa série Les Dossiers noirs, avec des sujets forts ; par exemple, ici, des extraits des épisodes consacrés, dans l'ordre de haut en bas, à Menahem Begin, Al Capone, Edgar Hoover et Eva Braun la compagne d'Hitler :

Il a même présenté en personne son plus fort document, sur l'assassinat de John Kennedy :
Présentation en plateau à la fin de la rediffusion, en 1983 sur FR3,
du même documentaire déjà diffusé en 1978.
JMC était également romancier ; voici une illustration originale due à René Follet, illustrant un de ses romans (Les Samouraïs du soleil noir, qui a paru en feuilleton dans le journal de Tintin sur 1957 et 1958) :
(illustration provenant du dossier de présentation de l'album de BD SOS Bagarreur,
de René Follet, sur scénario de Maurice Tillieux, aux éditions de l'Elan, 2019)
Voici un document inédit : la mise en couleur faite à ma demande, juste "pour le fun", par Francis Nicole (dessinateur et coloriste de la série d'aviation Missions Kimono) de la première planche de ce que je considère comme l'une des meilleures histoires de JM Charlier, Chasse à l'homme, au sein de l'excellente, mais hélas oubliée, série Marc Dacier (publiée dans le journal Spirou à partir de la fin des années 1950) :
Marc Dacier est un journaliste qui vit de trépidantes aventures à travers le monde...
comme JM Charlier lui-même dans la vie réelle...
Et, pour finir, la tombe de JM Charlier, dans le cimetière de Saint-Cloud en région parisienne (les photos datent d'il y a une vingtaine d'années). La sculpture sur la pierre tombale représente un livre ouvert, dont les pages semblent tourner au gré du vent, ou feuilletées par une main invisible :
Photos Jean-Yves Brouard


mercredi 3 juillet 2019

Souvenirs du "Charles de Gaulle"

Alors que le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle devrait revenir dans quelques jours de sa tournée en océan Indien, remonte dans ma mémoire le séjour que Francis Nicole, dessinateur de notre série d'aviation Missions Kimono, et moi-même, avions passé à bord, en novembre 2002, pour nous documenter.
A signaler qu'entre-temps, le CDG est passé deux fois en IPER (Interruption prolongée pour Entretien et réparations), de sorte que de nombreux équipements, extérieurs et intérieurs, ont été modifiés. Voici à quoi il ressemble en 2019, avant son départ pour l'océan Indien :
Photo : Marine nationale
Et nous voici, 17 ans en arrière, sur le pont d'envol :

Nous entourons le couple Francis et Lise Bergèse ; Francis Bergèse était le dessinateur et scénariste de la célèbre série BD Buck Danny (d'ailleurs, il réalisera par la suite un album se déroulant à bord du Charles de Gaulle) (à droite : une jeune marinette chargée de nous guider à travers les dédales du porte-avions). Nous avions pu embarquer grâce à la diligence d'un ancien pilote de la 11e Flottille (celle des héros de Missions Kimono), Alain de Valence, qui avait gardé de bons contacts avec la hiérarchie de l'Aéronautique navale, ce qui a bien facilité les choses, car à l'époque, c'était rare de pouvoir aller en mer à bord du CDG.
C'est de cette photo que j'ai extrait l'image de mon portrait figurant en médaillon de ma page Facebook.

Pendant deux jours, du 4 au 5 novembre 2002, au large de la côte varoise, nous avons pu visiter la passerelle, le pont, le hangar, la salle d'alerte des pilotes, le Central Opérations (là, photos interdites...), assister aux catapultages et appontages, franchir de longues coursives en nous demandant où étaient l'avant et l'arrière du navire, monter et descendre d'innombrables marches d'escalier, prendre nos repas au mess (et même, privilège rare, souper dans la salle à manger des appartements du commandant, à son invitation et en sa présence - bien qu'il fût préoccupé et parfois absent à cause des appontages en cours qui sollicitaient toute son attention), etc.
Je ne peux pas montrer ici, faute de temps (et de place) toutes les photos que nous avons prises. En voici quelques-unes au hasard, parmi celles que j'ai prises moi-même.
Une vue classique de la préparation d'un catapultage (les avions à l'époque étaient les Super Etendard) :

Au retour des avions, ceux-ci, avant d'apponter, doivent souvent s'alléger en larguant une certaine quantité de carburant ; voici une des photos que j'ai prises à ces moments :

Ce qui nous a permis de montrer une telle scène dans le tome 7 de Missions Kimono :

Un hélicoptère embarqué était un Puma ; nous l'avons visité également. J'ai photographié Francis assis sur un banc à l'intérieur de l'hélico :

J'ai aussi photographié, à tout hasard, le treuil replié à l'intérieur :

Bien m'en a pris : les deux photos, rassemblées, ont permis à Francis de dessiner une grande image dans le tome 7 de Kimono :

Cet hélicoptère Puma (de l'Armée de l'air et non de la Marine), le voici, venant du continent, à sa première arrivée sur le pont (le hasard a fait que j'étais présent sur le balcon à l'arrière de l'îlot, avec vue imprenable sur la partie arrière du bâtiment) :

Du coup, le Puma s'est retrouvé dans la BD :

Dans la salle d'alerte avec ses fauteuils bleus, un pilote, "Goody" (son call-sign est devenu par la suite "Goodec") a bien voulu poser devant mon appareil photo :

Comme nous avons sympathisé, il s'est retrouvé plusieurs fois dans la BD... comme ici (image extraite du tome 6 de Kimono) :

Comme dans la réalité, au début il est appelé "Goody" dans la BD, puis "Goodec"... L'attache noire sur le devant de son casque a été ajoutée par Francis car dans l'intervalle, les pilotes ont pu y accrocher des JVN (jumelles de vision nocturne, pour les vols de nuit).

Il y aurait de quoi éditer un livre avec toutes nos photos et, en vis-à-vis, les images qui en ont été tirées dans la série BD...

Et puis, tout a une fin ; nous voici, un soir, attendant l'hélicoptère qui allait nous ramener à terre :
Cet hélico du retour n'est pas le Puma cité plus haut, mais un Dauphin - un type d'aéronef qui fut le héros du cycle "africain" de Missions Kimono, tomes 2 à 4 ; en novembre 2002, nous étions justement en pleine réalisation du tome 3, où le Dauphin en voit des vertes et des pas mûres !).

(Toutes photos, sauf la première montrant le porte-avions : Jean-Yves Brouard)

dimanche 23 juin 2019

Chinoiseries

Comme raconté dans mon message du 16 mai dernier (http://jybaventures.blogspot.com/2019/05/a-la-conquete-de-la-chine_16.html ), un éditeur chinois a acheté les droits de la série Missions Kimono pour la Chine (la série est traduite en chinois bien sûr).
Voici par exemple la couverture du tome 2, que je n'avais pas encore montrée :

Une chose m'inquiétait : la traduction des premiers albums est-elle bien faite et les expressions, tant aéronautiques que typiquement françaises, sont-elles bien retranscrites en mandarin ? A priori, oui. C'est l'éditeur chinois qui se charge de cette traduction, à partir des albums en français. Mais sait-on jamais...
Il se trouve que ma soeur, qui, en tant que professeur d'anglais ici en Bretagne, a joué un rôle d'intermédiaire dans mes discussions (en anglais) avec l'éditeur chinois et sa secrétaire en charge du dossier "Missions Kimono", m'a signalé qu'elle croise parfois une femme dont le mari est Chinois. Nous avons convenu que ce serait utile de faire lire, par ce dernier, mes trois albums "chinois" existant à ce jour. Après prise de contact, je me suis donc rendu chez lui. C'est alors qu'il m'a appris que - nous l'ignorions - non seulement il est professeur de chinois (pour des élèves français) mais qu'en plus, il lui est arrivé de faire des traductions de livres culturels en chinois, à partir de livres français (il m'a montré deux d'entre eux). Quel heureux hasard...

Verdict : il semble - ce monsieur n'a pas tout lu des trois albums Kimono en chinois, juste parcouru quelques pages de-ci, de-là - que, dans l'ensemble, les traductions soient bien faites et que les passages des textes purement aéronautiques soient à peu près bien rendus en chinois.
Avec toutefois quelques couacs...
Par exemple, dans le tome 1, à la fin de l'histoire courte Virus sur le Majunga, un avion Super Etendard apponte sur le porte-avions Clemenceau. L'officier d'appontage dirigeant la manoeuvre dit au pilote "C'est excellent, l'avion va se poser tout seul... comme une fleur...". L'expression familière "comme une fleur" est à prendre au sens figuré pour dire : facilement, sans encombres. Or, dans l'album en chinois, le traducteur a traduit fidèlement et au sens propre, avec l'idée subtile d'une jolie fleur (une vraie fleur), un peu comme si une fleur se posait sur le pont du porte-avions... Voici l'image, dans ses deux versions, l'une en français, l'autre en chinois :

Un phylactère dans le tome 2 m'inquiétait. L'album se situe en Afrique noire et il y est question de mercenaires et de trafiquants d'armes auxquels vont être confrontés les pilotes, héros de la BD. A Paris, un amiral, dans un bureau du ministère de la marine, fait un exposé et parle d'armes chinoises et libyennes importées clandestinement dans le pays où l'action va se dérouler. Mon questionnement, depuis le début de mes discussions avec l'éditeur chinois, était de savoir si la mention d'armes chinoises resterait dans l'album en chinois, dont voici un extrait (la bulle parlant des armes chinoises est dans la deuxième vignette de ce strip) :

Le professeur de chinois consulté par mes soins m'a affirmé que non : dans la bulle traduite, les fameuses armes chinoises sont devenues... japonaises...! En effet, il faut comprendre que la censure chinoise n'aurait jamais laissé passer la mention originelle...
Seulement, "couac" dans le "couac" : l'avion aperçu dans la troisième image est bien un avion chinois : un Shenyang J-6... Et lui n'a pas été censuré... (explication que je peux facilement imaginer : certainement parce que l'avion ressemble trait pour trait à un Mig 19 de construction soviétique, le Shenyang J-6 étant sa copie conforme dans l'Armée de l'air chinoise. On peut donc facilement l'identifier comme un Mig 19 revendu à un pays d'Afrique comme la Libye justement...).

Mais un autre "couac" s'est inséré dans la même bulle. En effet, le traducteur a mal lu la version française où il est question d'armes. Il a traduit par "armées". Ainsi donc, ce ne sont pas des armes japonaises et libyennes qui sont infiltrées en Afrique, mais carrément des armées japonaises et libyennes... J'ai déjà signalé cela à mon éditeur chinois pour qu'il corrige lors de la réimpression de l'album en Chine...

J'ai voulu savoir aussi comment avait été traduit le nom "Kimono" dans le titre Missions Kimono de la série. Kimono, il faut le savoir, est un indicatif radio authentique, utilisé par la 11e Flottille de chasse de l'Aéronautique navale française. Phonétiquement, c'est important, et traduire "Kimono" en chinois dans le sens du vêtement japonais (le kimono) ne voudrait plus rien dire. Heureusement, j'en avais parlé dès le début à l'éditeur chinois, qui a choisi un titre approchant, phonétiquement. Ce que m'a confirmé le professeur de chinois : les trois syllabes ki-mo-no sont reproduites sur la couverture des albums avec des signes chinois qui se prononcent (à peu près...) "ki", "mo" et "no".
Or, le professeur ajoute une information intéressante : le signe chinois de la syllabe "mo" porte en lui une notion de magie, presque de sorcellerie, qui, dit-il, est intéressante, originale, et peut intriguer et attirer les lecteurs chinois...

Quant aux trois noms d'auteurs sur la couverture : le premier nom en caractères chinois est le mien (signalé comme scénariste entre les crochets en début de ligne), le deuxième celui de Francis Nicole (dessinateur), et le troisième nom est en fait constitué de deux noms, ceux des deux traducteurs. Voici les trois groupes d'auteurs, sur la couverture du tome 1 :

A noter que mon nom, avec ces signes chinois, ne se prononce pas tout à fait "Brouard" mais des sons approchants. Quant au prénom Francis, il se lirait plutôt (et à peu près !) : "franchise"...

J'ai montré au professeur de chinois d'autres passages de mes albums où figurent des textes ajoutés par l'éditeur chinois. A un endroit, en tout début d'album, s'alignent des nombres : il s'agit de numéros de téléphone de la maison d'édition, et l'un des numéros est celui où les lecteurs et les libraires peuvent commander et se faire expédier les ouvrages par voie postale.
Une ligne dans ce texte en début d'album s'avère être le nom d'un magasin chinois où l'on peut acheter les BD. Or, m'a appris le professeur avec une pointe d'admiration, il s'agit en fait d'un réseau de librairies, "le plus connu et le plus étendu sur toute la Chine..." Voilà qui augure bien de la suite...

Et pendant ce temps-là, le tome 21 de Missions Kimono (en français) se prépare. Voici une image au hasard (dessin d'Andrea Rossetto, extrait du story-board au crayon) :

samedi 8 juin 2019

Le Kimono nouveau est arrivé

La sortie du dernier album Missions Kimono n°20 s'accompagne, pour une fois, de nouvelles encourageantes.
Pour montrer aujourd'hui quelque chose de cet album et pour illustrer mon propos, sans remettre en ligne la couverture déjà vue plusieurs fois sur ce blog, en voici pour l'anecdote la première mouture, le premier brouillon, tel que préparé par Francis Nicole à l'automne dernier (d'ailleurs sur une idée de... moi-même) :

On voit que nous n'étions pas encore fixés sur le titre, puisque Sevoni, mention provisoire, est en fait le nom de la base fictive où sont venus s'installer les héros, dans cette nouvelle histoire. Quant au numéro 8, il s'agit de celui de l'album Tiger, Francis ayant pris comme fichier de départ la maquette de sa nouvelle couverture, préparée l'année dernière...

Je disais que les nouvelles sont encourageantes au sujet de Kimono 20 car mon diffuseur, Makassar, m'a appelé avant-hier pour me demander si j'ai encore du stock quelque part, le premier lot mis en place le 23 mai étant apparemment assez vite parti et les libraires poursuivant leurs commandes (la réponse est : oui, heureusement, j'ai un peu de stock...).
Il faut dire que, pour la première fois depuis... très longtemps, les albums dans certains réseaux de librairies semblent avoir été mis bien en vue. A la Fnac (dont la centrale d'achat avait d'ailleurs passé commande de beaucoup plus d'exemplaires que lors des sorties précédentes), ou chez Cultura, il y a des piles d'albums sur les tables ou dans les rayons des nouveautés (ici, une photo prise au Cultura de Rennes) :

On voit que Kimono 20 côtoie d'autres BD d'aviation ; nous ne sommes pas les seuls sur ce "créneau", comme on dit... Et comme on le voit aussi sur la photo ci-dessous, prise par mon frère lors de la Foire du livre de Nice, il y a une semaine de cela :

La couverture est particulièrement appréciée, d'autant que Makassar avait tenu à faire apposer dessus un sticker (déjà présenté ici) qui, selon le diffuseur, joue dans l'intérêt que peuvent manifester les lecteurs visitant une librairie BD.
Makassar m'apprend aussi que pendant quelques jours, Kimono 20 a été, à la Fnac tout au moins, numéro 1 des ventes des BD d'aviation... (deux bémols toutefois : 1) il n'y avait, pendant la période, aucune mise en place d'une nouveauté d'une "grosse pointure" des séries d'aviation bien connues, et 2) les chiffres restent tout de même modestes, ne nous emballons pas...).

Les ventes vont-elles avoir très bientôt un nouveau sursaut ? En effet, j'ai reçu hier le numéro 126 de Canal BD Magazine, une revue d'informations diffusée gratuitement dans le réseau des librairies Canal BD (130 magasins sur la France, la Belgique...). Or, je publie dans ce numéro (juin 2019) une pleine page de publicité pour ce tome 20 et pour la série Kimono en général ; voici cette pub (un beau visuel préparé par Julia la maquettiste) :

On se souvient que la même revue avait publié une pleine page de pub pour le tome 6 d'Allan Mac Bride, sorti en février dernier (voir mon blog fin janvier). Le numéro de Canal BD Mag de juin risque d'attirer lui aussi, car en couverture figure un dessin d'un des meilleurs dessinateurs au monde, à savoir Jean Giraud, alias Moebius ; il annonce aussi l'interview d'un auteur imposant, Alejandro Jodorowsky :

Et puis, la revue Casemate, de juin également, publie une recension très favorable de l'album Kimono 20 (avec, en conclusion, un coup de chapeau de la rédaction à la nouvelle de la diffusion en Chine de la série Kimono, traduite en chinois ; voir là encore un récent message sur mon blog) ; voici l'article de Casemate:

Il s'agit du n°126 de Casemate, comme Canal BD Mag ; c'est un hasard si les deux revues portent le même numéro car elles n'ont pas du tout la même périodicité.
Tenez, puisque je parle de la version chinoise de Kimono, voici, encore pour l'anecdote, un autre visuel en chinois (demi-planche extraite du tome 1) :

Finissons avec l'évocation d'un travail particulier de Francis Nicole (dessinateur historique et cocréateur de Missions Kimono). A la demande de la 11e Flottille (la fameuse flottille de l'Aéronautique navale, une unité parfaitement réelle, héroïne de la série Kimono), Francis a dessiné le logo marquant le 100e anniversaire de sa création ; voici ce logo :

L'année 2019 est en effet celle du centième anniversaire de la création de cette vénérable unité. Désormais (pendant tout l'été sans doute), cinq avions Rafale Marine de la 11F vont arborer le logo dû à Francis, reproduit sur la dérive, côté droit (côté gauche, il y aura, sur chacun des Rafale concernés, un insigne historique distinct d'un appareil à l'autre) :

La décoration sur la dérive ci-dessus est, en dehors du logo, celle du Tiger Meet, une manifestation militaire au cours de laquelle les avions et hélicoptères se drapent de diverses décorations rappelant le pelage du tigre (voir aussi l'album Tiger de Missions Kimono, cité justement plus haut).
Quant à Francis, il a été invité fin juin à un rassemblement de la 11F, sur la base de Landivisiau, en remerciement de son travail et de son implication.


jeudi 6 juin 2019

La Mer est grande (vaste sujet...)

Le feuilleton télévisé La Mer est grande, qui se déroule au sein de la Marine nationale française, avait été diffusé sur la chaîne Antenne 2 à l'automne 1973. Voici le titre dans le générique :

Le coscénariste est connu : Jean-Michel Charlier, également scénariste d'autres feuilletons, dont un, célèbre, d'aviation : Les Chevaliers du ciel. Il est aussi le scénariste de mythiques séries BD comme Blueberry, Buck Danny, Tanguy et Laverdure (adaptés à la télé comme Les Chevaliers du ciel, justement), etc.

Sur le site que j'ai créé sur cet auteur majeur de la BD européenne de la seconde moitié du XXe siècle (jmcharlier.com), j'ai déjà évoqué le feuilleton La Mer est grande, mais avec assez peu d'informations et un nombre réduit de photos. Or, à partir d'aujourd'hui, je publie dans l'hebdomadaire spécialisé Le Marin une série d'articles détaillant les tournages de ce feuilleton. Voici les deux pages du numéro qui paraît ce jour :


Je ne pourrai pas diffuser ici-même les articles suivants, aussi, pour en savoir plus, il faudra s'abonner au site payant du Marin (ou acheter en kiosque chaque numéro au fil des quelques semaines qui suivent). Je montre ici seulement un portrait de l'acteur Yves-Marie Maurin (incarnant le héros du feuilleton, Hervé Lanoé) au côté de Jean-Michel Charlier, lors d'une visite de ce dernier sur le lieu d'un tournage, en juillet 1972, à bord de l'escorteur d'escadre La Bourdonnais :
Archives photos : famille Bourdeaux-Maurin
Il faut savoir par ailleurs que l'autre coscénariste, l'officier de marine Jean Raynaud, a, la même année que la diffusion du feuilleton, publié un roman du même titre et racontant les mêmes aventures ; voici la couverture (en médaillon, c'est un portrait de l'actrice France Dougnac, qui joue le rôle de Nancy Guehenno, la fiancée puis l'épouse d'Alain Joubert, le camarade d'Hervé Lanoé) :

Ce livre est dédié, par Jean Raynaud, à Jean-Michel Charlier :