samedi 17 novembre 2018

Un prix et des gilets jaunes

Ce week-end se tient le festival Bulles d'Air, sur la base aérienne 105 d'Evreux (Eure). Voici l'affiche, due à Yvan Fernandez, dessinateur de certains épisodes de la série Tanguy & Laverdure :

Durant le festival, le premier jour (samedi, soit aujourd'hui), divers prix sont habituellement distribués, et l'un d'eux, le Prix spécial du jury, a été attribué à... Francis Nicole, pour son dernier tome Missions Kimono n°19 (auquel il n'a participé qu'aux deux tiers environ, puisque l'album est un collectif auquel ont participé deux autres auteurs, Carlo Velardi et Claire Bigard...).
L'objet du prix est un morceau de bord d'attaque d'avion de transport Transall.
Le corollaire de ce prix est que Francis devra dessiner l'affiche du festival 2019...

Cette journée du samedi est réservée au personnel de la base, mais demain dimanche, le public peut venir. A noter que les mesures de sécurité font que le public doit être embarqué dans des bus sur le parking du magasin Carrefour d'Evreux, non loin de la base et de l'autre côté de la nationale 13...et qu'aujourd'hui, les manifestations dites "des gilets jaunes" ont empêché les personnes autorisées de se rendre aujourd'hui sur place... Espérons que les manifestations seront allégées demain...

Puisque je publie un message, voici une image extraite de la planche 22 du prochain album Kimono, le tome 20, dessiné, comme on le sait, par Carlo Velardi au crayonné, et par Andrea Rossetto pour l'encrage. Le dessin ci-dessous en est encore au stade du crayonné :

jeudi 8 novembre 2018

Briviste pendant trois jours

Patrick Dumas sera ce week-end à Brive (Corrèze), pour la célèbre et traditionnelle Foire du livre. Il y dédicacera les cinq albums de la série Allan Mac Bride, dont il est le dessinateur.
Voici l'affiche, qui indique les dates et l'adresse du site :

A noter que Patrick vient de mettre le point final au dessin (Noir & blanc) du tome 6 à paraître en février prochain (restent les couleurs à faire...).

En attendant, voici en avant-première une image choisie de la planche 40 :

Et une image choisie de la planche 45 (sachant que l'album comporte 46 planches) :

lundi 5 novembre 2018

1918-2018 : il y a un siècle, la fin de la guerre de 14

En ce moment est célébrée la fin de la terrible guerre de 1914-1918. Il se trouve que certains de mes aïeuls y ont participé. Hélas je ne connais pas tout de ma famille, mais voici les cas de cinq de mes grands-parents et arrière-grands-parents, et une iconographie en rapport.
Mon grand-père paternel, Henry Brouard, fut infirmier à Verdun. Souvenirs traumatisants, il en gardera des cauchemars jusqu'à la fin de sa vie. Le voici en tenue :

Voici une des récompenses qu'il obtint : une citation à l'ordre du Régiment qui commence par : "Infirmier d'un dévouement exemplaire" etc. :

Je conserve deux objets de "sa" guerre : le masque à gaz qu'il portait dans les tranchées (le cylindre à droite contient le masque enroulé ; à noter que le caoutchouc du masque est toujours souple ; il n'a pas séché avec le temps) :

Et une chaufferette (qui servait à réchauffer le café, la soupe ou toute boisson) :

Il fut très fier de recevoir à Saint-Brieuc, en 1986, au cours d'une cérémonie, la Croix du Mérite militaire pour son action pendant la Grande guerre :

L'autre grand-père, maternel, Théodore Birot, fut mobilisé, mais son jeune âge lui a évité de combattre. En effet, il fit ses classes à Châtellerault entre le printemps et le mois d'octobre 1918 ; au moment d'être envoyé au front, la guerre allait se terminer. Mais son régiment fut ensuite stationné pendant trois ans en Allemagne, dans le cadre de l'occupation des provinces à l'ouest du Rhin. Le voici (à l'extrême droite) avec ses copains de régiment, en Allemagne (on note la fourragère portée par tous à l'épaule gauche, signe de la mise à l'honneur du régiment) :

Le père d'Henry Brouard, donc mon arrière-grand-père, Etienne Brouard, était également capitaine ; voici son portrait sur le pont d'un de ses voiliers :

Mais pendant la guerre, alors trop âgé pour être mobilisé, il fut maître de port à Erquy (Côtes d'Armor). Pour pouvoir utiliser son bateau, dans certaines conditions, il lui fallait une autorisation spéciale. En voici une (peu lisible sur ce document que je ne peux pas agrandir outre-mesure), datée du 27 mai 1915, pour le canot Saint Yves :

Il est mort en novembre 1919, d'une congestion pulmonaire consécutive à une intervention, en pleine tempête, pour tenter de rallumer le phare d'Erquy.

Joseph Erhel, le père de ma grand-mère paternelle, était aussi marin, et capitaine comme l'arrière-grand-père Etienne Brouard. Voici son portrait en 1902 :

Il fut mobilisé en 1914 dans cette fonction de capitaine, sur divers navires. Il vécut une aventure exceptionnelle. Commandant le trois-mâts La Victoire en 1916 et 1917, il transportait du charbon entre le Pays de Galles et Bordeaux, et sur le trajet inverse, des poteaux de mine en bois. Voici une rare photo existante du voilier, sur sa cale de lancement en juillet 1916 à Saint-Malo :

En décembre 1916, le bateau se porta au secours des naufragés d'un sloop de pêche qui avait été attaqué par un sous-marin, et ramena à bon port les marins en perdition. Le 21 janvier 1917, en quittant la Gironde avec une nouvelle cargaison de poteaux de mine, La Victoire fut intercepté par un autre sous-marin. Le commandant allemand fit descendre tout le monde dans un canot et placer des explosifs à bord du voilier. Ayant entendu une explosion et pressés de quitter les lieux, les Allemands disparurent dans la nuit très noire. Or, La Victoire ne coula pas vraiment. Encouragé par le capitaine Erhel et malgré le grand danger imminent, l'équipage français reprit pied à bord, jeta les explosifs intacts à la mer, pompa la cale où l'eau s'infiltrait à cause de la seule explosion qui s'était produite, appela d'autres bateaux au secours, et put revenir au Verdon où le trois-mâts fut sauvé in extremis. Pour cette action d'éclat, le capitaine Erhel reçut une récompense, que voici :

Après réparations, La Victoire repartit deux mois plus tard de la Gironde mais se fit intercepter une nouvelle fois par un sous-marin au large de l'île d'Yeu. Cette fois, impossible d'échapper à l'attaque : les marins reçurent l'ordre de quitter leur bord et le sous-marin réussit à couler le voilier. Cela se passa peu après minuit, le 2 mai 1917. Le capitaine Erhel et son équipage - dont son beau-frère Edouard Leforestier, embarqué comme matelot - sortirent indemnes.

Rembarquant la même année, sur un cargo cette fois, le Sénégambie de la Compagnie générale transatlantique, Joseph Erhel prit la fonction de lieutenant (il était capitaine, mais habituellement à la pêche sur des voiliers) ; ce cargo avant mené, juste avant, une mission spéciale : équipé de canons et d'un armement supplémentaire, il servait de leurre pour attirer les sous-marins ennemis et les couler. Il se fit ainsi attaquer une fois, et s'en sortit. Quand Joseph Erhel s'y trouva embarqué, une rencontre avec un sous-marin inquiéta le bord. Le cargo a finalement coulé durant la guerre, mais pas du fait de l'ennemi : un autre cargo a gravement abordé le Sénégambie à la sortie du port de Cardiff. Heureusement, Joseph Erhel en avait débarqué quatre mois auparavant.

Puis il finit la guerre, en août et septembre 1918, sur un trois-mâts, le Cher, que les Américains avaient cédé à la France au titre de l'aide économique pour renouveler sa flotte marchande grandement diminuée. Il avait repris sa fonction de capitaine, mais il dut en débarquer, victime d'une grave pneumonie consécutive aux dures conditions de navigation et à ses divers naufrages. Il ne reprit la navigation qu'en 1919.

Quant à ma grand-mère maternelle, Michèle Birot, elle n'a pas participé à un combat, mais, âgée de 9 ans à l'époque, elle se trouvait, avec sa mère et ses frères et soeur, sur un paquebot, l'Iméréthie, qui coula en avril 1916 en Méditerranée, près du détroit de Gibraltar. Voici son portrait, à la veille d'embarquer sur le paquebot (elle est à droite) :

Elle crut très longtemps qu'un sous-marin avait torpillé le navire, jusqu'à ce que, faisant des recherches, j'ai découvert que c'était un accident : en plein nuit et tous feux éteints, un bâtiment de guerre français, le Cassard, avait abordé le paquebot par le travers. L'Iméréthie mit des heures à couler - il n'y eut que deux victimes, tombés à l'eau lors de l'abandon -, ce qui a permis à un marin de l'abordeur de prendre une photo du paquebot en train de s'enfoncer dans les eaux :



lundi 22 octobre 2018

Épave, soleil couchant...

Un beau coucher de soleil sur une épave "les pieds dans l'eau" : près du Havre, au pied de la falaise d'Octevillle, se tiennent depuis plus de 70 ans les restes d'un cargo américain, le Lee S. Overman :
Photo Jean-Yves Brouard
Le navire, du type Liberty ship, avait été conduit là en 1947, en deux morceaux, sous remorque, après son relevage devant l'entrée du port du Havre. C'est là qu'en novembre 1944, il avait en effet sauté sur une mine, alors qu'il transportait, dans le cadre du débarquement de Normandie et des combats contre les forces nazies, un imposant stock de munitions. Heureusement, il n'avait pas sauté lui-même. Le Havre aurait été (davantage) rasé !
C'est ce que j'avais raconté dans la revue Le Marin en août dernier ; voici deux des volets de mes articles :


Peu après la publication, je me suis tout à coup décidé à aller voir cette épave du Lee S. Overman - alors que je pensais le faire depuis... des décennies. Il faut savoir qu'on ne doit venir qu'aux très grandes marées pour que l'épave découvre au maximum, et qu'on ne peut bien la voir qu'aux beaux jours : les marées basses se font en fin de journée ou tôt le matin, et en hiver, règne à ces moments-là la nuit ou la pénombre. Cela limite les occasions d'aller sur place, et la date du 9 octobre était la dernière avant le prochain printemps. En fait, il vaudrait mieux ne visiter qu'entre mai et août.

Par ailleurs, l'épave étant au pied de hautes falaises, il faut prendre son courage à deux mains pour descendre sur la plage, mais surtout pour remonter sur la crête, par un escalier, parfois abrupt, de... 500 marches souvent dissemblables. Priorité aux sportifs... Ici, une portion à peu près régulière :
Photo Anne Le Gall
Et voici l'épave, telle qu'on la découvre du haut de cet escalier :
Photo Jean-Yves Brouard
Une fois en bas, j'ai tenu à me faire photographier près du Lee Overman - après avoir écrit trois ou quatre livres sur les Liberty ships, et des centaines d'articles sur le sujet, il me tardait d'en voir un de près, même en morceaux, même rouillé... :
Photo Anne Le Gall
A noter que près de l'épave de l'Overman, gisent deux épaves de chalands en ciment - oui, en ciment... Dont un qui s'appelle la Tortue, ici éclairé par les rayons du soleil rasant d'une fin de journée d'automne :

jeudi 11 octobre 2018

Tous à Saint-Malo !

C'est ce week-end (du 12 au 14 octobre inclus) que se tiendra à Saint-Malo la nouvelle édition du festival BD Quai des Bulles.
Francis Nicole (Missions Kimono), Patrick Dumas (Allan Mac Bride) et moi-même y serons, au stand D15 (vers le milieu du bâtiment, côté bassin).
Voici l'affiche :

Pour l'occasion de la présente annonce, voici une image extraite du prochain Missions Kimono, dû à Carlo Velardi  (tome 20 ; cette image est au crayon pour l'instant) :

On dirait qu'il n'y aura pas beaucoup d'avions dans cette histoire ? Si si, il y aura des avions...

Et une image extraite du prochain Allan Mac Bride (tome 6) :

jeudi 4 octobre 2018

Et 1... Et 2... Et 3 !...

La série Missions Kimono sera en dédicaces à trois festivals en même temps, ce week-end des 6 et 7 octobre 2018.

Francis Nicole, dessinateur principal, sera à Graulhet (Tarn), à un festival dont le thème est le 70e anniversaire de la création du personnage de Pif le Chien ; voici l'affiche :

Claire Bigard, dessinatrice d'un épisode du dernier album, le tome 19 sorti en mai dernier, sera à Vitry-le-François (51) pour le festival Bulles en Champagne (elle disposera également des autres albums de la série, et pourra dédicacer à la demande, sur le stand de son autre éditeur Assor BD) ; voici l'affiche :

Quant à moi, je serai à un salon près de Rennes, Thoréfolivres, à Thorigné-Fouillard (35), où je présenterai toutes mes productions (Missions Kimono bien sûr, Allan Mac Bride et Quentin Foloiseau, ainsi que mes ouvrages maritimes - on rencontre toujours des passionnés de marine à des festivals BD en Bretagne...). Attention, ce salon ne se tient que le dimanche 7. Voici l'affiche :

lundi 1 octobre 2018

Les ombres de Ta Keo

Tel est le titre du prochain album d'Allan Mac Bride, le tome 6, dont voici la couverture (révélée pour la première fois) :

A noter sur vos tablettes : la sortie de l'album est prévue pour février 2019.

J'en profite pour joindre un strip inédit (la dernière image de ce strip figure déjà à la fin du tome 5, sous forme de brouillon, en guise d'annonce "preview" du tome 6) :


Sinon, rien à voir...
Les médias internationaux parlent depuis 72 heures d'un tsunami qui a ravagé les îles Célèbes en Indonésie. Le bilan est lourd et va hélas sans doute s'alourdir encore.
Les images que l'on voit à la télévision et sur Internet rappelleront aux fidèles de la série Missions Kimono une récente aventure en BD. En effet, à la fin du tome 17 (Opération "Pasni"), sorti en 2016, et au début du tome 18 ("El Chino"), sorti en 2017, un tsunami (fictif) ravage également une île de l'Indonésie (pas les Célèbes, mais Sumatra ; les deux se situent chacune de part et d'autre de Bornéo).

Nombre d'images et de scènes paraissent prémonitoires. On voit dans l'album (dessiné par Francis Nicole) et dans les "news" les mêmes scènes. En voici quelques-unes.
Des cartes géographiques similaires et des scènes de dévastation sur la côte :


Les vagues du tsunami filmées par un amateur situé aux premières loges, et l'une des vagues vue dans la BD :


Des bateaux échoués sur le littoral dévasté :


Des blessés qu'on évacue :


Un premier avion de transport type Hercules qui se pose sur un terrain pour les premiers secours (même type d'avion dans la BD) :


Le survol de la côte noyée sous les eaux (avec, dans la bulle du pilote dans la BD, la notion de prévention des pillages, lesquels ont déjà eu lieu sur place aux Célèbes) :


La tour de contrôle du terrain de Palau aux Célèbes, détruite par le tremblement de terre qui fut à l'origine du tsunami (dans la BD, c'est le terrain de Bengkulu, qui existe vraiment à Sumatra) :


A ce sujet, on a appris qu'à Palau, le contrôleur de la tour a perdu la vie en maintenant son service le plus longtemps possible, pour permettre à un avion en cours de décollage de mener à bien sa manoeuvre. Lorsque le toit de la tour s'est effondré, le contrôleur s'est jeté par la fenêtre, mais s'est hélas tué. Anthonius Gunawan Agung - c'est son nom - est devenu un héros en Indonésie. Voici sa photo :

Dans la BD, l'absence de services techniques sur l'aérodrome de Bengkulu, à cause du tremblement de terre, a conduit la France à envoyer sur place son porte-avions, le Charles de Gaulle, qui était justement en mission en océan Indien, pour que son PC opérationnel remplace la tour détruite et fasse office de tour de contrôle ; c'est ce qu'on voit dans une image :