mardi 13 janvier 2015

Prémonition et coïncidence, encore et toujours...

Divers média s'en font l'écho ces derniers temps : le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle doit incessamment partir pour l'océan Indien dans le cadre d'une mission anti-islamistes. C'est ce que dit encore aujourd'hui le site meretmarine, à ce lien : http://www.meretmarine.com/fr/content/le-charles-de-gaulle-se-prepare-partir-pour-la-region-du-golfe
Ce départ est avancé et ordonné à la suite d'événements graves survenus depuis le mois d'août dernier : des terroristes du groupe Daesh, nombreux et lourdement armés, sèment la terreur, dans une zone contiguë à l'Irak et à la Syrie.

Or, le prochain album de la série Missions Kimono, à paraître en mai, traite à peu près du même thème. Voici un extrait significatif de la planche 34 (je n'en ai qu'un crayonné provisoire), dessinée fin novembre dernier :

Francis Nicole vient de me fournir la planche 40 (on voit donc que l'album, qui totalisera 46 planches comme les autres titres de la série, avance, tranquillement mais sûrement) ; or, dans cette planche, un rebondissement modifie le programme du Charles de Gaulle qui est subitement envoyé en océan Indien (la scène se déroule à bord, lors d'une mission en Méditerranée) :

La coïncidence dont je parle en titre de ce message : c'est sans doute demain, voire après-demain, que le porte-avions quittera Toulon réellement, pour se rendre lui aussi en océan Indien... Les informations sont confidentielles aussi est-il difficile d'en savoir plus, d'autant qu'il est question que le Président de la République doit venir à bord juste avant le départ.

Il faut rappeler qu'un scénario de BD, surtout aussi documenté que ceux que j'écris, ne se prépare la veille. De même, la réalisation des dessins prend beaucoup de temps. Cette histoire a commencé à être dessinée l'hiver dernier (vérification faite, Francis m'a fourni la planche 1 le 2 février 2014 ; elle a donc été commencée fin janvier, il y a près d'un an) ; à l'époque, le scénario était déjà prêt et "calé" (même si j'improvise le détail de chaque planche au jour le jour, comme je l'ai déjà raconté ici et ailleurs, il n'empêche que le synopsis et le fil conducteur sont déjà prêts). J'en profite d'ailleurs pour mettre ici la première vignette de la première planche, déjà présentée sur le blog, mais cette fois elle est au propre :

Quant à l'idée et la mise au point des différentes péripéties, elles m'ont demandé des années de réflexion, de recherches et de prises de contact avec divers spécialistes, et se sont finalisées courant 2013. C'est donc assez étonnant, et en tout cas totalement impossible à calculer à l'avance, qu'arrive la coïncidence relevée plus haut...

Dans la BD, c'est toujours la 11e Flottille, "héroïne" de la série, qui est embarquée sur le porte-avions. Est-ce également la 11F dans la réalité ? Eh bien oui ! Là encore, Francis et moi avons "vu" juste. Voici d'ailleurs un Rafale de la 11F (dessin extrait du début de l'histoire Eternel retour) qui va se trouver embarqué sur le Charles de Gaulle dans la BD :

Pour finir, je montre deux cases au hasard dans le restant de la BD. Comme dans un précédent message, j'ai supprimé des textes pour ne pas révéler trop du contenu de l'intrigue. Une case est encrée car elle figure dans la première moitié de l'album, et l'autre est encore crayonnée car elle figure dans la seconde moitié :


mercredi 7 janvier 2015

Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Honoré, in memoriam

Cabu, Wolinski, Tignous, Charb et Honoré, dessinateurs à Charlie Hebdo, sont morts ce midi dans de tragiques circonstances : abattus par des terroristes islamistes, dans les locaux mêmes de leur rédaction.
Sept autres personnes sont décédées : Bernard Maris, qui signait Oncle Bernard, journaliste spécialiste de l'économie au journal, par ailleurs chroniqueur à la télé et à la radio, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, Michel Renaud, invité de la rédaction, le correcteur Mustapha Ourad ainsi que deux policiers, Ahmed Merabet et Franck Brinsolaro, qui était chargé de la protection de Charb, et un agent de maintenance, Frédéric "Frédo" Boisseau.

En hommage, voici les derniers dessins de ces dessinateurs qui étaient menacés depuis des années pour leurs prises de position, via des dessins satiriques, contre les dérives de l'islamisme.

D'abord, le bandeau de titre de la Une de Charlie Hebdo de ce jour, 7 janvier 2015 :

Un des dessins de Stéphane Charbonnier, qui signait Charb, dans ce dernier numéro de Charlie Hebdo dont il était aussi le directeur. Un dessin tragiquement prémonitoire :
Un des derniers dessins de Jean Cabut (Cabu), dans ce numéro (on reconnaît Marine Le Pen et l'écrivain Michel Houellebecq) :

Cabu étant aussi dessinateur au Canard Enchaîné, voici un de ses derniers dessins dans Le Canard paru ce même jour :

Un des dessins de Georges Wolinski dans le dernier numéro de Charlie Hebdo :

Un des dessins de Bernard Verlhac (Tignous), dans ce numéro :

Un des dessins d'Honoré (de son patronyme complet Philippe Honoré) ; un dessin prémonitoire également :

Voici le haut de la chronique de Bernard Maris sous son pseudo d'Oncle Bernard, toujours dans le dernier numéro de Charlie :

Au moment où je rédige ce message, à chaud, on peut penser que l'affaire ne fait que commencer, étant donné le choc qu'elle provoque dans le pays et au-delà de nos frontières.

J'ai personnellement une pensée émue en particulier pour Cabu, dessinateur hors pair, caricaturiste formidable, et personne connue pour être d'une grande gentillesse. Tout en travaillant à ses débuts professionnels pour Hara Kiri du fameux professeur Choron, Cabu a longtemps oeuvré pour le journal Pilote, qui l'a vraiment lancé à partir de 1962, et où il a créé le fameux Grand Duduche.
Voici son tout premier "Carnets de croquis", sa première chronique dans Pilote (in n°133 du 10 mai 1962) :


A Pilote, Cabu a donc travaillé pour les co-créateurs et co-rédacteurs en chef du journal, René Goscinny et mon maître ès-scénario Jean-Michel Charlier.
Ce dernier étant connu pour son tour de taille imposant, en voici une caricature par Cabu, dans Pilote n°531 du 8 janvier 1970 (il y a 45 ans, presque jour pour jour) :

vendredi 2 janvier 2015

Cargos à la dérive sans équipage...

Coup sur coup, trois navires désemparés ont dû être secourus au large de l'Italie ces jours derniers. Deux d'entre eux, l'Ezadeen et le Blue Sky M, qui transportaient chacun des centaines de migrants, et qui s'étaient retrouvés sans équipage, filaient intentionnellement vers la côte où ils auraient dû se fracasser. Voici la photo du Blue Sky M pendant cette épopée :

Sans laisser de côté l'aspect triste de ces faits divers bien réels, avec les drames humains qui en découlent, ceci pourra rappeler une scène assez semblable dans l'album Missions Kimono n°12, titré Top Attaque, dont voici la couverture :

En deux mots : dans cette fiction publiée il y a quatre ans, un cargo, le Winner, transportant le pilote Phébus fait prisonnier, est abandonné par son équipage :

Curieux : la scène du canot pneumatique qui s'éloigne du cargo dans la BD, ressemble à cette photo (avec un canot pneumatique proche d'un cargo inidentifié et transportant aussi des migrants ; ce canot semble bien être du même type que dans la BD : un Etraco) :

Comme le Blue Sky M, le Winner est lancé à pleine vitesse sur un cap donné:

Dans la réalité, l'aéronautique navale italienne repère le Blue Sky M et le surveille :

Dans la BD, c'est l'aéronautique navale française qui repère et surveille le Winner ; lui aussi va intentionnellement vers la côte... :

A noter que les deux forces aéronavales ont chacune les mêmes avions de patrouille maritime : des Breguet Atlantic, disposant de moyens de détection visuelle de jour comme de nuit :

Heureusement, la marine italienne pourra arraisonner à temps le Blue Sky M et reprendre ses commandes. Ci-dessous, une photo prise lors de l'évacuation du Blue Sky M :

Quant à la marine française, dans la BD, elle intercepte aussi à temps le Winner. On saura comment en lisant l'album. Voici toutefois, une image un peu semblable à la photo au-dessus, et montrant l'évacuation du Winner par Phébus sur l'arrière du bateau, comme sur la photo (avec les mêmes éléments : bouées de sauvetage rouges, canots orange, des ponts et des rambardes) :


mercredi 24 décembre 2014

Eternel retour

Eternel retour, c'est le titre - provisoire - du prochain album de Missions Kimono, le numéro 16 qui débute un nouveau cycle d'aventures exceptionnelles.

En avant-première et en cette veille de Noël 2014, voici sa couverture :

Voici également un extrait d'une planche récente (la planche 35B ; il s'agit du crayonné, mais le passage à l'encre a été fait récemment). A noter que j'ai gommé le texte du récitatif à gauche et une partie du contenu du phylactère à droite pour ne pas révéler ce qui se passe :

Petite mauvaise nouvelle : l'album sortira en mai prochain, et non en avril. La cause du report est le temps qu'a passé Francis Nicole au printemps dernier pour préparer la réédition du tome 1 (récolorisation complète, qui a pris un bon mois). Nous pensions rattraper ce retard, mais hélas, la préparation de tout album de Missions Kimono demande une telle recherche documentaire...

Bonnes fêtes de fin d'année tout de même, de la part de toute l'équipe JYB-Aventures.

mardi 9 décembre 2014

Avalé vivant par un anaconda ? Déjà fait !

Ces derniers jours, les médias nous ont annoncé, puis montré à la télévision et sur Internet, le projet insensé d'un homme, Paul Rosolie, qui avait parié qu'il pourrait se laisser avaler vivant par un anaconda de grande taille (et qu'il sortirait vivant également du corps du serpent, bien sûr). Voici Paul Rosolie se préparant pour son exploit :

Pour ce faire, il a revêtu un solide scaphandre lui permettant de respirer et de résister à la phénoménale pression des anneaux de l'animal. La première photo ci-dessous montre Rosolie marchant avec son scaphandre, et la seconde, l'homme approchant de l'anaconda  :

La vidéo de Discovery Channel, montrant l'exercice, a été diffusée le 7 décembre dernier. On a appris que l'affaire ne s'est pas déroulée tout à fait comme l'espérait Rosolie : l'anaconda serra si fort que l'inconscient faillit être écartelé et dut appeler à l'aide (au moyen d'un micro-émetteur intégré)...

Or, ceci rappellera étrangement une légende indienne racontée dans la bande dessinée de Jean-Luc Hiettre et moi-même, A l'Est de l'Ucayali, publiée dans le magazine Spirou en 1983. Voici un extrait de la BD, où un jeune guerrier d'Amazonie décide de tuer un anaconda géant qui sème la terreur dans la forêt :

C'est une authentique légende Jivaro que Jean-Luc et moi avons mise en images. Dans les deux bandes ci-dessus, publiées dans Spirou du 22 février 1983, on voit que le guerrier a revêtu lui aussi une sorte de scaphandre, très artisanal...

Comment le jeune indien s'en est-il sorti ? Pour le savoir, il faut lire l'album Le mystère du lac sans nom ; édité chez JYB-Aventures en 2002, il reprend cette histoire et sa suite (une suite titrée Les Brumes de la Serra Preta lors de sa prépublication dans le magazine Spirou en 1985 ; les deux épisodes ont été réunis en un seul volume, et pour l'occasion, Patrick A. Dumas - dessinateur de la série Allan Mac Bride, toujours chez JYB-Aventures - en a refait toutes les couleurs) :

Voir aussi mon site, à cette page : http://www.jybaventures.net/bdpr_spir.htm et plusieurs messages sur ce blog.

A noter qu'un film de cinéma, souvent rediffusé à la télévision, en particulier sur la chaîne W9, et simplement titré Anaconda, raconte à peu près la même chose que la BD : la recherche dans la forêt amazonienne d'un anaconda géant :

Le film américain, disons un peu plus... spectaculaire, a eu de nombreuses suites : Anaconda II, Anaconda III, etc. Le premier volet de la série est sorti en 1997, soit quatorze ans après notre BD dans Spirou. Comme dans la BD, on trouve tous les ingrédients de l'Aventure populaire : du mystère, une jolie héroïne, un héros viril, un professeur qui apporte sa caution scientifique, un aventurier sans scrupules, des déplacements en pirogues, une citée perdue, etc., et bien sûr la découverte en un lieu secret d'un anaconda géant craint par les autochtones. Beaucoup d'images de la BD (largement antérieure, je le rappelle) se retrouvent dans le film et même dans la récente vidéo.

Dans le premier film, l'actrice américaine Jennifer Lopez tenait un de ses premiers rôles au cinéma :

Quant à la vidéo de Discovery Channel, elle diffuse par exemple cette image tournée à l'occasion du documentaire :

Or, procédé rare en BD, tant dans les pages de Spirou en 1983 que dans l'album Le mystère du lac Sans nom, j'avais inséré dans la planche 31 une photo pour illustrer et valider le propos (photo due à Jesco Von Puttkamer) :

dimanche 7 décembre 2014

La odisea de Bahmés... Integral

Le tire de cet article est en espagnol. En français, cela devient : l'odyssée de Bahmès... Intégrale.
En effet, la traduction en espagnol de l'ensemble du cycle d'aventures d'Allan Mac Bride, du tome 1 au tome 4 réunis en une Intégrale, vient de paraître chez l'éditeur catalan NetCom2 Editorial. Voici la couverture (la même que celle du tome 1 en français) :

Ainsi que la "4e de couverture" (différente, elle, des 4e de couverture des albums chez JYB-Aventures) :

Donc, tout est traduit en espagnol, même les petits mots mystérieux que reçoit Allan, ici à son hôtel à Nouméa :

A signaler qu'en espagnol, les points d'interrogation et d'exclamation sont repris en début de phrase, inversés (tête bêche). Il a fallu que le traducteur travaille les fichiers pour les ajouter à l'occasion dans les dessins eux-mêmes, comme ici (le point d'exclamation inversé en début de phrase ressemble à un "i", ce qui peut dérouter quelque peu les lecteurs français) :
A la fin de l'Intégrale, on trouve même six pages d'inédits, de brèves informations et de ce qu'on appelle des "bonus". Voici la 6e page :

lundi 1 décembre 2014

Tanguy et Laverdure : scoop !

La célèbre série de bandes dessinées Tanguy & Laverdure - transposée à la télévision dans les années 1960 sous le titre général Les Chevaliers du ciel - avait été créée par Jean-Michel Charlier au scénario, et Albert Uderzo au dessin, pour le célèbre journal Pilote (dès son premier numéro en date du 29 octobre 1959). Voici le haut de la première planche, dans Pilote n°1 :

Au bout de quelques années, Uderzo, dépassé par le succès de son autre personnage Astérix, a passé la main à Jijé, nom d'auteur de Joseph Gillain. Or, cette passation de témoin ne s'est pas déroulée tout à fait comme les historiens bédéphiles le croient depuis un demi-siècle. Aussi j'ai raconté les coulisses de l'affaire en exclusivité dans le magazine spécialisé dBD (numéro 89 de décembre 2014 qui vient de paraître). Voici la couverture de ce numéro :

Voici un recadrage sur l'accroche de Une signalant mon article :

Et voici le haut de la première page de l'article (pour lire la suite, il faut se procurer le numéro ou le télécharger sur Internet) :

Le sujet : tout le monde croit qu'Albert Uderzo a participé au dessin des premières planches de l'histoire Mission spéciale, reprise par Jijé ; or, c'est faux. Le fond du problème est que ceci a une incidence sur la valeur de cet album et sur celles des planches originales - puisqu'il existe un marché florissant des planches originales, dont la cote évolue en fonction de la notoriété des auteurs. Or, Uderzo a une cote impressionnante sur le marché des planches originales...

En relation avec mon article et ses diverses révélations et anecdotes, le dessinateur humoristique Vuillemin a publié, en guise d'édito du magazine dBD, un dessin pleine page, que voici :